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Autour de Vatican II

« GAUDIUM ET SPES », quelques lignes de compte rendu pour ceux qui n’ont pu assister à la conférence sur Vatican II du Père Hervé CHIAVERINI.

GAUDIUM ET SPES – La joie et l’espérance

Hope & joy« Le Christ s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame de Jésus-Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2, 6-11)

Cette hymne, vraisemblablement liturgique, insérée dans la lettre de Saint-Paul aux Philippiens soutient de part en part la Constitution pastorale Gaudium et Spes. Saint-Paul nous montre ici le double mouvement en arceaux que l’on pourrait appeler, en langage mathématique, la parabole du salut. Mouvement descendant : le Christ s’abaisse en devenant homme comme les autres, puis s’abaisse davantage par la mort, et la mort sur une croix. S’amorce alors le mouvement de remontée vers le Père qui entraîne avec lui l’humanité.

I – INTRODUCTION. La place de Gaudium et Spes dans le Concile.

Après Dei verbum, Lumen gentium, et la Constitution sur la liturgie (cf. les conférences précédentes), le Concile envisage la place de l’Église dans le monde de ce temps ; il s’adresse maintenant à tous les hommes, développe l’action de l’Esprit dans le monde d’aujourd’hui. Le terme clé, bien souvent répété, est celui de monde. Il ne s’agit pas du monde, ou Cosmos créé de la Genèse ; ni de l’acception du monde selon Saint Jean (« L’esprit du monde », dont il faut se garder), mais de l’usage qu’en fait Saint Mathieu : « Allez dans le monde entier ». Le monde dans G.S. c’est la famille humaine.

II – PRÉPARATIONS. Une histoire mouvementée.

On a tout dit des interminables préparations de ce document conciliaire, dont il y eut 13 versions ! Exemples : H. Fesquet, éditorialiste au Monde, parle d’un texte “schéma vedette”, “étoile du Concile”. Y. Congar, O.P. évoque à son propos “la Terre promise que l’on aperçoit de loin mais où l’on n’ arrive jamais”. D’autres, “la pilule et la bombe”.

Le texte est né dans la pensée de Jean XXIII, afin de dire l’Église ad intra et ad extra. Ensuite, entre 1962 et 1965, il sera amendé de multiples fois, et ce qui compte, en différents lieux ; de Zurich à Rome, reflétant alors plusieurs courants de pensée. G.S. est un texte intelligible pour tous : qu’est-ce que la vie d’un homme ? La vie de chacun ? La vie chrétienne aussi, naturellement ? Ce n’est pas une approche théologique, mais une expérience de foi, réaliste, exprimée dans un langage positif qui ne condamne pas.

Une nouveauté : l’abandon du latin pour la langue des différents pays. Mais l’on reste dans la tradition vivante de l’Église avec le souci de désenvelopper, d’élargir la dogmatique. On peut parler d’une théologie des réalités ordinaires, comme le travail ou la vie sociale. Comment comprendre que tout cela nous renvoie à Dieu ? L’Église renouvelle son discours, en accentuant le sens de l’épître aux Éphésiens (1, 10) : “Tout instaurer dans le Christ”. Telle est la ligne pastorale de Pie IX, Léon XIII, Pie X (dont c’est la devise), Pie XI (la devise de l’Action catholique sous son pontificat).

III – LE PLAN DU DOCUMENT.

Gaudium et Spes se compose de deux parties.

1). L’Église et la vocation humaine : que peut faire l’Église pour la personne et la communauté humaine ? Quelle aide peut-elle apporter à l’activité de tous ? En retour, quelle aide l’Église peut-elle recevoir du monde ? L’homme est co-créateur avec Dieu, dans le temps même où Dieu s’approche de l’homme au point de prendre son langage (cf. Ephésiens. 1, 6-11). Jésus parle l’araméen, connaît l’hébreu liturgique, le grec courant, un peu de latin.

L’inspiration de ce texte, analysant les rapports de Dieu et de l’homme à travers le Christ, se réfère à la pensée de Saint-Thomas d’Aquin ; d’où sa charpente.

2). La seconde partie traite des cinq thèmes fondamentaux de l’existence humaine.

  • La dignité du mariage (c’est le chantier du cœur)
  • L’essor de la culture (celui de l’intelligence)
  • La vie économique (celui du travail)
  • La vie politique
  • La rencontre, le lien avec les autres. (mise en œuvre du corps)

Tous ces éléments sont à resituer, à « restaurer dans le Christ ».

IV – LECTURE DES N° 22 ET 24

Le numéro 24 insiste sur le caractère communautaire de la vocation humaine. Nous sommes de plus en plus appelés à la Charité, dans un monde de plus en plus unifié. La dimension planétaire de ce monde exige un amour plus important, une unité fondée en Dieu. On pourrait donner bien des exemples de cette unité : celle d’une paroisse, entre autres, qui ne vient pas d’affinités multiples entre les personnes, mais s’enracine dans la ressemblance divine, liant le Père le Fils et l’Esprit.

V – LES APPLICATIONS DU CONCILE.

GS est la partie la plus critiquée du Concile pour son regard optimiste sur l’homme. Pourtant, il ne s’agit pas dans le texte d’une euphorie vaguement humaniste, mais de l’expression d’un fondement dogmatique. Certes, un « optimisme excessif peut conduire à dissoudre l’Église dans le monde » (J. Ratzinger) mais il reste vrai que nous sommes « citoyens des cieux » (Saint-Paul) devant nous tourner vers Dieu, vers l’éternité.

Jean-Paul II en 1993 reprend l’agir humain de G.S. dans « Splendeur de la vérité ». Cet agir humain est toujours en vue d’une fin ; il pose le but avant les moyens ; il est donc téléologique en lui-même. Benoît XVI reprendra le même thème dans « Spe Salvi ». Deux textes qui nous permettent de réfléchir plus profondément à l’agir de l’Église.

Gaudium et Spes, par la parabole du salut, ne décentre pas notre regard des réalités quotidiennes, mais les resitue en Dieu par l’abaissement du Christ en notre humanité, et sa remise de chaque homme, chaque sphère d’activité, entre les mains du Père.

Annick Rousseau

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